Bilan de la situation de l'emploi en 2000

(Extraits du rapport BIMCO/ISF 2000)    
Le nombre global de marins au long cours a été estimé à 404.000 officiers et 823.000 subalternes. Les pays de l'OCDE (Amérique du Nord, Europe de l'Ouest, Japon, etc...) restent les principaux fournisseurs d'officiers, mais l' Extrême-orient augmente sa part.

Des estimations des effectifs ont été calculées en tenant compte des changements dans le nombre de navires, et dans la façon de les armer sous les différents pavillons.

Cette estimation brute a été affinée en utilisant les données fournies par près de 2.000 compagnies, et ajustée pour refléter la situation de la flotte mondiale. Il a été tenu compte des niveaux de recrutement, de la nationalité et de l'âge des marins, et du nombre de ceux qui se sont reconvertis à terre entre 1995 et 2000

Selon toutes ces analyses les besoins seraient de 420.000 officiers et 599.000 subalternes;

Les données des tables ci contre montrent un léger déficit théorique de 16.000 officiers soit 4% du total. Pour le personnel subalterne il y a toujours un large surplus, mais il y a des doutes quant à leur qualification pour le long cours.
en milliers
Disponible
Besoin
Balance
Officiers
404
420
-16
Subalternes
823
599
+224

Il semble que le niveau de recrutement a augmenté à la fin des années 90, bien qu'il ait de nouveau chuté légèrement en 99, en coïncidence avec l'année difficile pour la marine marchande qui a suivi la crise économique en extrême orient. Mais tout accroissement de recrutement semble avoir été associé à un accroissement équivalent du nombre d'officiers qui ont quitté le métier. En même temps la flotte mondiale n'a augmenté que de 1% par an entre 95 et 2000. Ceci, avec la sortie de flotte de navires anciens nécessitant des équipages plus nombreux, a fait que le déficit de disponibilité par rapport aux besoins n'a pas évolué en 2000 par rapport à 1995.

L'avenir    

On s'attend pour les années à venir à un accroissement de flotte de 1% par an, et à une aggravation du manque d'officiers, à moins d'augmenter la formation et les incitations à rester dans le métier.

 
Nationalité des marins en évolution    

On a constaté en 2000 que le centre de gravité du bassin de recrutement a continué à se déplacer des nations maritimes traditionnelles vers les pays d'Extrême orient, le sous-continent Indien et l'Europe de l'est. Les officiers originaires de l'OCDE constituent 27.5 % du total au lieu de 31.5% en 1995. Il y a eu une réduction sensible du nombre de jeunes officiers de l'OCDE. Mais il s'agit d'une évolution, pas d'une révolution, avec un declin de 4% en 5 ans.

Recrutement en hausse mais encore insuffisant  

Le niveau de recrutement a augmenté, le nombre d'élèves passant de 1 pour 13 officiers en 1995, à 1 pour 10 en 2000. Ce nombre a augmenté dans toutes les nationalités, mais est encore insuffisant. Il faudrait atteindre un ratio de 1 élève pour 7 officiers, ce qui représente un défi majeur pour l'industrie.

Besoins croissants dans l'avenir    

Pendant la dernière décennie le nombre de navires a augmenté d'environ 1% par an. On pourrait penser que la demande de personnel a évolué dans le même rapport, mais ce n'est pas le cas. L'offre globale d'emploi est restée la même ou a légèrement diminué, en raison de la réduction d'équipage sur les navires modernes.

Cependant cette tendance va sans doute s'inverser. Il est peu probable qu'il y ait de nouvelles réductions d'équipage, en raison des règlements internationaux. Pour satisfaire les besoins dans l'avenir il faudra donc augmenter le recrutement et la formation, et diminuer l'évaporation

Réduire l'évaporation  
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Il est important de réduire le nombre d'officiers qui quittent le métier chaque année pour poursuivre leur carrière ailleurs. Ceci est particulièrement vrai des élèves, dont 30% ne finissent pas leur formation. Ceci montre le besoin d'améliorer le recrutement et la perception du métier comme une carrière. Dans certains pays il pourrait être intéressant de promouvoir la formation des personnels subalternes pour leur permettre d'accéder à des fonctions d'officiers, améliorant ainsi les perspectives de carrière et le nombre d'officiers.

Influence de l'âge des officiers de l'OCDE

 
La flotte mondiale continue à employer un grand nombre d'officiers originaires des pays de l'OCDE. Pourtant 40% de ces officiers ont plus de 50 ans, et 18% plus de 55 ans. La plupart d'entre eux sont Capitaines ou Chefs mécaniciens. L'impact de leur départ en retraite sans une relève bien formée et expérimentée pourrait être grave pour la marine marchande. Certains pensent que d'ici 5 à 10 ans la majorité des officiers supérieurs sera originaire d'Asie ou d'Europe de l'est, mais la situation est peut-être plus compliquée qu'il n'y paraît.

 

Accès des officiers asiatiques aux fonctions supérieures  

Contrairement à ceux de l'OCDE, assez peu d'officiers d'Extrême-orient ou d'Inde poursuivent leur carrière au delà de 55 ans. Ceci explique en partie pourquoi ces officiers sont moins nombreux dans les fonctions supérieures, bien que ce ne soit pas la seule raison. La situation pourrait évoluer mais les études des dix dernières années montrent qu'elle est très stable. Si un nombre important continue à se retirer à l'âge de 50 ans cela pourrait contredire l'hypothèse que les officiers de ces nations remplaceraient automatiquement ceux de l'OCDE

Influence de la convention STCW 95

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L'effet de l'application des nouveaux standards imposés par STCW 95 ne sera pas tout de suite apparent. La liste blanche des pays appliquant de façon satisfaisante les critères STCW 95 a été publiée. On sait que de nombreux pays ont amélioré les standards de formation, et on croit à une amélioration globale. Cependant on peut penser que le nombre de marins qualifiés diminuera quand ces mesures, liste blanche, exigences supplémentaires de certains pavillons et validation plus stricte des certificats, auront pris leur plein effet